Dimanche 14 décembre 2008

The Boys are back ! Après huit longues années, le quintette Australien le plus fameux de l’histoire du rock nous dévoile enfin son seizième album studio, Black Ice. Une fois la galette écoutée, une chose s’impose : il s’agit probablement du meilleur album de la période Brian Johnson, juste derrière l’immense Back In Black.
Il faut croire que le noir porte chance au gang, dont la musique n’a pas pris une ride. Le premier morceau, « Rock’n’roll Train » envoie la sauce dès la première seconde, son riff accrocheur ciselé de main de maître par le maître ès riff Angus Young, puis la rythmique, puissante, sourde, qui se marie à merveille avec le timbre de Brian Johnson, moins hurleur qu’à son habitude. Mais passé ce morceau, somme toute très convenu (et surtout ressassé et ressassé sur la stéréo de tout fan depuis sa sortie fin août), l’album dévoile véritablement ses surprises. Car si l’on a affaire à du AC/DC pur jus, le susdit fan manquera de s’étouffer : les boys ont introduit du changement dans leur recette millénaire. Entre le Springsteenien « Anything Goes » dont le refrain pourrait être chanté en duo avec le Boss et le très old school blues « Stormy May Day », le supporter des débuts à de quoi changer son pacemaker. Mais qu’il se rassure, les frères Young nous prouvent aussi qu’ils savent encore tisser du riff en acier trempé, barbelé, émasculant des mammouths, fleurant bon le pub, la fumée et le Jack Daniels.

En somme, un album qui reste dans la continuité de l’impérissable formule du groupe, où des morceaux tels que « War Machine » et sa basse grondante, oppressante et sa batterie métronomique, ou encore « Spoilin’ For A Fight », côtoient aussi les surprenants « Anything Goes » ou « Rock’n’roll dream ». Peu de temps morts, donc, et un final sur le dantesque « Black Ice », dont la rythmique ferait remuer n’importe quel fan de Phil Collins. En bref, AC/DC remet les pendules à l’heure et montre aux jeunes et talentueux louveteaux qu’ils sont encore les maîtres.

-Jo-

Par Kim&Jo
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Dimanche 19 octobre 2008
Moi et le rock français, ça n'a jamais été une mince affaire...
Et ce n'est pas un problème de langue. J'aime beaucoup la chanson française (quand la musique est bonne, bonne, bonne bien évidemment, il ne me viendrait jamais à l'idée d'écouter Renan Luce ou Bénabar par exemple - Jésus Marie Joseph, Dieu m'en garde) : j'aime Jacques Brel, j'aime Serge Gainsbourg plus que tout, j'avoue un intérêt pour Brassens ou Ferré, j'apprécie Renaud dans ses grandes heures et j'en oublie. J'aime la vraie bonne pop française également (je n'irais pas jusqu'à révérer cette ordure de Michel Sardou comme ces malades de Gonzaï qui voient en lui le Johnny Cash français - bullshit) : la pop sixties, Dutronc, Françoise Hardy, France Gall et toutes ces délicieuses compiles du genre "Filles De Paris". J'aime même une partie du rap français : NTM ou IAM hier, Booba, La Rumeur, Kery James ou Seth Gueko aujourd'hui...
Mais le rock français... Ne venez pas m'en parler... A de notables exceptions (Dogs, Thugs, Tanger aujourd'hui ou Bijou hier, Johnny à sa grande période), c'est de la merde. Pure et simple. Pour un Dominique Laboubée, combien de Téléphone, de Ganafoul, de Kyo, de Dionysos ou de Luke ? Totalement beauf et contraints de chanter leurs inepties en français plutôt qu'en anglais pour cause de quotas, le rock français d'aujourd'hui, hormis la micro-scène parisienne dont, au final, rien de bon ne semble sortir (que d'encre gaspillée), n'a rien d'intéressant et est même dégoûtant. Si je vous dis que le groupe rock français qui vend le plus est Indochine, vous aurez compris, non ?
Et  là, il y a déjà un paquet de semaines, débarque ce disque : "Aucun mal ne vous sera fait". Signé Alister. Archétype même du chanteur-dandy branché parisien, qui couronne la sortie de son premier album par des concerts au Baron. Ce qui, vous en conviendrez, n'augure rien de bon. Mais le premier single, "Qu'est-ce qu'on va faire de toi", avait le mérite d'attirer l'oreille, grâce à la voix très dandy-Dutronc du chanteur susnommé (no offense). Le texte est très drôle, mini-hymne générationnel pour tous les lecteurs de Technikart, et c'est tout de même bien mieux troussé que du Shoppings. Notre "Time To Pretend" à nous, en quelque sorte.
Et cette ligne, voix cynique chantonnant des textes désabusés parlant de sentiments typiquement parisiens sur instrumentations rock ou ballade piano-bar de fin de soirée, Alister la garde tout au long de l'album. Entre délires alcoolisés ("Miami"), divagations ("Hier soir") et description rock'n'roll ("Fille à problèmes"), c'est du fort bel ouvrage qui est proposé ici. Si on enlève toute la hype dégueulasse qui entoure l'album et qu'on l'écoute vraiment, on sera surpris. Avec une sincérité qui par moments rappelle le meilleur de Daniel Darc ("7 heures du matin", rien à voir avec Jacqueline Taïeb - dommage), Alister signe l'un des meilleurs albums rock français entendu depuis des mois. Et rien que pour ça, je lui tire mon chapeau...
Par Kim&Jo - Publié dans : Chroniques d'albums (nouveautés)
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Mercredi 1 octobre 2008
Bigre bigre bigre. Le rock and roll est une vaste affaire. D'innombrables groupes, parfois sublimes, souvent quelconques et oubliés. Mais parmi les groupes portés au pinacle par la vox populi (vox dei ? Hum... ), beaucoup ne sont que ne sont que d'infâme résidus soupesque et inhumain. Dressons donc une liste de ces ennemis de la musique.

Genesis. Au sommet de la liste. Rock progressif de banquier chiant comme la mort. Rien que pour avoir accouché du monstre Phil Collins, ce groupe mérite le pal torsadé.

Oasis et U2 : La soupe populaire n'a pas que du bon.

Yes : Toute personne ayant un jour écouté d'une traite tout Tales from the topographic ocean saisira aisément ce que je veux dire.

The Police : Un peu le même cas de figure que Genesis. Un horrible groupe qui donne lieu à d'ignobles carrières solo après le split de la formation. L'exmple le plus flagrant étant Sting (je ne me suis toujours pas remis d'"Englishman in New-York").

Tokio Hotel : Ai-je vraiment besoin de développer ? Fut une époque, les teutons nous envoyaient Neu!, Kraftwerk, Rammstein ou encore Amon Düül II. Maintenant, place à ces résidus de gouapes émasculées et propres sur eux qui chantent une variétoche dont même Phil Collins (encore lui !) n'aurait pas voulu dans les années 80. A noter que leurs fans sont la pire engence de tous, car tout à fait dénués de toute culture musicale.

Supertramp : Ils auraient été français qu'ils auraient vécu dans l'ombre de Claude François.

Coldplay : Confer l'excellent article de Kim.

To be continued...


La preuve que Phil Collins est un être maléfique.

Par Kim&Jo - Publié dans : Wazeufeuque
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Jeudi 25 septembre 2008
Alors voilà... Le voilà revenu, ce syndrôme préféré de la presse rock française : la lâcheté. D'ordinaire, TOUS les canards un tant soit peu sérieux paraissant en France est quasi-unanime : d'une voix, les Inrocks, Rock&Folk (et c'est tout en fait, les autres ne méritant même pas d'être cités) ont su trouver un bouc émissaire de ce rock néo-U2, prétentieux et geignard, moins typé ado que Muse et moins talentueux que Radiohead : Coldplay. Mais, étant donné qu'ils restent parmi les derniers plus gros vendeurs de disques, dès qu'ils sortent un disque, tous les grincheux aux abris et les gazettes offrent leur couverture... Couverture des Inrocks (sans oublier la critique faux-cul de ce bon vieux Jean-Daniel et l'article plaidoyer de l'inénarrable Christophe Conte dans Volume), disque du mois et article pitoyable de Soligny dans Rock&Folk, interview et disque du mois dans Rolling Stone...

Deux choses. D'abord, et Soligny a l'honnêteté de le dire (même si son papier pue la fausse connivence et la fan attitude), le groupe (ou la maison de disques, qu'importe) n'a accepté les interviews qu'à condition d'avoir la couverture (exception faite du Rolling Stone français, traduction de l'Américain oblige et de Rock&Folk, grâce au meilleur ami de Chris Martin, ce très cher Jérome Soligny). Très grande honnêteté donc, voilà un de ces groupes soi-disant de gauche (voir l'insupportable Chris Martin, mangeur de soja et soutien d'Obama, qui n'en rate pas une donc), ne sentant pas sous les bras, signés sur EMI et jouant les caïds face à la presse... Puis on la lit, cette fameuse presse... Alors paraîtrait-il que cet album-là, on vous le jure, serait bien meilleur que les précédents, qui n'étaient pas terribles (remarquons que ces mêmes journalistes les avaient encensés en leur temps), d'ailleurs la preuve Brian Eno produit quelques morceaux. Icône bobo, ayant produit du meilleur au pire, de David Bowie à U2, ce cher Eno aurait "aéré" le son du groupe. Les aurait poussés à leurs limites, d'ailleurs la preuve certains morceaux font plus de 7 minutes (youpi).

On est de bonne volonté. On VEUT croire à toute cette dithyrambe, se laver le cerveau d'a priori et juste écouter le nouveau Coldplay comme n'importe quel disque. Et on écoute. Et c'est une pure merde. Tout simplement. C'est lent, chiant, pompeux, les mélodies sont niaises, le chant de Chris Martin est de bout en bout insupportable. Peut-être que le single "Viva La Vida" surnage parmi toutes les merdes de l'album, le seul à faire preuve d'un peu d'audace. Mais sinon, je ne vois pas de différence avec la soupe FM qu'ils nous servent depuis bientôt dix ans. Toujours ces mêmes guitares ultra-filtrées, jamais franches, mais jamais gracieuses non plus. Toujours ce même faux flou artistique à la fin des morceaux, pour montrer que "nous on est arty, on met des petits sons étranges pendant le fade-out". Ces mêmes accélérations, ces mêmes envolées héroïques pitoyables, ces "Oh oh oh oh" chantés la main sur le coeur. Mes goûts musicaux ne sont pourtant pas proches de ceux de mon co-blogueur. Je lis les Inrocks, j'aime la mélodie avant tout, j'écoute du jazz, j'écoute Scarlett Johansson, et Lemmy Kilmister n'est pas mon maître à penser. Il y a même des morceaux des Wombats que j'aime bien. Qu'on ne m'accuse surtout pas d'être un fan de rock'n'roll pur, je pense être assez ouvert pour juger un album pop.

Et là où cette année une génération prometteuse (MGMT, Santogold, Last Shadow Puppets pour prendre les plus célèbres) parviennent à renouveler une pop fatiguée par trop de Kooks et d'Oasis, l'arrivée du nouveau Coldplay est comme une immense blague, tant tout dans cet album laisse à désirer face à la concurrence.

Les gens sérieux n'aimaient pas U2 dans les années 80. Qui a besoin de leurs successeurs dans les années 2000 ?



Coldplay : Et en plus ils savent pas se saper...

Kim 
Par Kim&Jo - Publié dans : Chroniques d'albums (nouveautés)
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Dimanche 21 septembre 2008
Il est de ces retours que nous n'espérions plus. Le Crüe fraichement reformé pour la dantesque tournée Carnival Of Sins pouvait en effet se reposer sur ses lauriers, et devenir un groupe avachi sur son égo, comme tant de ses semblables le furent (nous ne visons absolument pas Kiss, non non !). Mais pas Mötley. Le gang de Los Angeles avait une mission : enregistrer le meilleur album de Sleaze Metal de l'année. Pari réussi.
   L'intro, L.A.M.F nous plonge dans l'ambiance. Bruitages malsains, voix sépulcrale et apocalyptique énonçant la perdition de la ville natale du groupe. Mort, damnation, aigreur. Un album autobiographique. En effet, Saints Of Los Angeles est inspiré de The Dirt, le récit à plusieurs mains de la vie de Mötley Crüe. Dès la fin de la première piste, on embraye sur le riff de basse du sale et magique Face Down In The Dirt, véritable credo de la bande de Nikki Sixx. "Je préfèrerais être crevé dans la saleté avec une balle dans la tête plutôt que d'être comme toi". Le ton est donné. Ici point de rockstars aseptisées ou de teutons épilés. Le crüe nous refourgue de la sueur, de la mort et du danger, du vrai. Pas l'ersatz de rock and roll que nous proposent les groupes actuels.
    Ils nous confient ensuite leurs doutes sur l'entraînant What's It Gonna Take, l'ennui sur Down At The Whisky, mais l'album prend son envol à partir de la piste titre Saints Of Los Angeles, pièce d'orfèvrerie sur une cité qui les a tour à tour choyés et maltraités. Le second single, Motherfucker Of The Year insiste sur la noirceur des âmes composant le groupe, qui les transforme peu à peu en démons. Thème d'ailleurs abordé par le morceau suivant, The Animal In Me, petite ballade sympathique qui, avec Welcome To The Machine (qui fait écho à un hilarant et déprimant chapitre du livre), font un sympathique break avant l'apothéose finale, composée du très noir Just Another Psycho, qui traite des problèmes d'alcool de Vince Neil, mais évoque aussi la solitude de Nikki Sixx. Un morceau qui arrache des larmes. Heureusement, le jovial Chicks=Trouble, abordant un thème qui fit la célébrité de Mötley Crüe, à savoir les gonzesses, fait mouche dès son titre et son refrain "Les gonzesses, c'est des emmerdes, faut toujours que je mette le pied dedans". Effecitvement, elles ne leur ont pas fait de cadeau. This Ain't No Love Song évoque quant à lui la baise, la vraie, avec deux grammes de coke et du rock and roll dans un excellent morceau. Just a fuck song... Et la fin, les deux derniers morceaux, les géniaux White Trash Circus et Goin' Out Swingin achèvent de faire rentrer l'auditeur dans la psyché du groupe : ils vont se barrer avec ta nénette, mais ils s'en tireront, comme ils l'ont toujours fait.
Un groupe de miraculés, qui sort donc un album miraculeux. Et on en redemande.
-Jo-
 
Par Kim&Jo - Publié dans : Chroniques d'albums (nouveautés)
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Dimanche 21 septembre 2008

Le rock’n'roll est mort. C’est un fait. Ou plutôt, le rock’n'roll a disparu. Il se cache, tapi dans les salles indépendantes, surgissant qui au détour d’un flyer, qui sur une obscure compilation enfouie chez un disquaire. Le rock’n'roll est devenu une bête traquée.

Fut un temps, pourtant, où il se pavanait fièrement dans les stades, la SG en bandoulière, mitraillant les foules, effrayant les parents. Mais depuis quelques années, le rock, ou plutôt l’institution qu’il était devenu, a laissé sa place à quelque chose d’autre, mais qui se revendique encore “rock and roll”. Le britrock. Mais quel est le problème commun à tous ces groupes ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Que leur manque-t-il ?

De l’envergure. Et de l’arrogance. Ces groupes, qui ont envahi les pages de nos magazines favoris (ou pas) ont tous le même point commun, le même talon d’Achille : ils sont semblables et formatés. Ils s’habillent tous de la même façon, et jouent la même musique. En effet, je vous défie de distinguer, au hasard, les Dirty Pretty Things des Kaiser Chiefs. Vous pouvez d’ailleurs faire l’expérience vous même, si vous êtes dubitatifs. Allez dans un festival de rock bobo hype, et naviguez d’une scène à l’autre. J’ai fait le test Dirty Pretty Things/Kaiser Chiefs et, en plus de m’être ennuyé à mourir (je me suis endormi pendant ces derniers), je n’ai absolument pas pu distinguer les deux groupes. Même attitude, même look, même musique. Quant à l’impression scénique, n’en parlons pas.

Voila ce qui manque à ces groupes : une stature. Où sont passés ces groupes semi-divins qui projetaient un souffle dans le public à leur entrée en scène ? Maintenant, tous ces soit-disant rockers édulcorés (mais néanmoins furieusement hype) affichent une certaine humilité, voire même une certaine candeur sur scène. Fuck that ! Le groupe de rock doit être extraordinaire, il doit venir d’une “autre planète” (dixit Rob Halford) et permettre aux gens de “se sentir haut de trois mètres”, selon le Saint Patron des rockers, Lemmy Kilmister (leader de Motörhead), et pas ressembler au premier raëlien venu, prêt à vous vendre du tofu biologique (ou un abonnement à Télérama).

C’est cette arrogance, cette hargne, cette majesté qui manquent à tous ces groupes émasculés. En bref, les rockeurs ne font plus rêver. Et c’est bien dommage. Heureusement que les anciens, aidés de quelques nouveaux, perpétuent encore cette conception du rock’n'roll, bardés des clichés que nous ne renions pas et qui nous font honneur.

-Jo-

Par Kim&Jo - Publié dans : Wazeufeuque
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Dimanche 21 septembre 2008

Par Kim&Jo - Publié dans : Playlists Deezer
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Samedi 20 septembre 2008

Des applaudissements. Une envolée de violons. La batterie. Le premier morceau éponyme de L’Hymne à la Joie et sa dantesque montée en puissance donne le ton : cet album de Cosa Nostra Klub extrêmement élaboré est tout de même taillé pour le live.  Tous les morceaux ou presque ont une sorte de prise d’ampleur dont résulte une énorme montée d’adrénaline en concert. Que ce soit le break précédant le deuxième couplet de “[C]osa [N]ostra [K]lub”, celui de “Dinner Is Ready”, on sent le côté « In your fucking face » (sic) privilégié par le groupe pour la scène.

Mais l’album en lui-même ? Tout simplement énorme. Dantesque. Le meilleur disque de l’année, tous genres confondus. Moins naïf, plus travaillé que Ultraviolence Über Alles, le deuxième album de The CNK - qui change pour l’occasion de patronyme, passant de Count Nosferatu Kommando à Cosa Nostra Klub (le groupe se sentant « plus proche de certaines traditions italiennes que de Transylvaniens cloutés »)- est une splendide satire de la dégénérescence du monde actuel et de l’Europe en particulier (« Total Eclipse of Dead Europa »). Le groupe enfonce clou sur clou dans le cercueil de la vieille Europe, souvent avec humour, toujours avec brio. Les cibles sont variées, des « nazillonnes du soja » (dixit Valnoir, le bassiste) sur “Dinner Is Ready”, sans conteste le morceau le plus punchy, aux fascistes de la pensée unique, chantres de la tolérance à sens unique (”The Martialist”), tout le monde s’en prend dans la face.

CNK - L'Hymne à la JoieLe Klub se permet même un morceau martial chanté en langue teutonne, qui ne manquera pas de faire bondir de rage les néofascistes cités dans “The Martialist”, et ayant pour thème… les déboires d’un bûcheron de campagne face à la désagrégation de son foyer ! Une jolie réponse aux obsédés de la croix gammée qui ne se rendent pas compte qu’ils sont les derniers nazis.

Cet album fait donc partie intégrante du concept du groupe, que l’on peut retrouver dans l’artwork d’icelui (signé Valnoir, et qui fait qu’il faut absolument ACHETER la galette), les uniformes portés sur scène (uniformes Français, soulignons-le avant que la censure de la pensée unique ne frappe), les paroles (qui ne sont pas secondaires, loin de là) ou encore dans les diapos projetées en concert dans le fond de la scène.

Bref, un album à posséder absolument, et à offrir.

Morceaux favoris : Tout l’album

Morceaux à éviter : Cherchez chez un autre groupe. Et allez voir CNK sur scène.

-Jo-

Par Kim&Jo - Publié dans : Chroniques d'albums (vieilleries)
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Samedi 20 septembre 2008
J’ai deux grands amours dans la vie : le Glam metal et CNK. Imaginez alors ce que je peux ressentir quand Hreidmarr et Heinrich Von B, membres fondateurs du Klub et anciens transylvaniens cloûtés, se mettent au glam. Vous aussi vous bandez ? Normal.

Après m’avoir longtemps fait saliver là-dessus, mon pote Captain (loué soit-il pour toutes les découvertes musicales que je lui dois) m’accoste un beau jour place du Châtelet et me dit « Tiens, j’ai trouvé ça chez Gibert, cadeau ». Et lui de me fourrer Dawn Addict dans les mains. Un mec de bon goût Captain. D’ailleurs, ça se confirme dès que j’enfourne la galette dans le lecteur (non, pas de vannes cochonnes dans le fond !). Sur les conseils de mon émérite camarade, j’avance recta vers la piste 5, “Gothic Party”, monument d’humour noir et tabassage en règle des « antichrist-wannabes ». La conclusion vicieuse étant évidemment le point d’orgue du morceau.

Côté lyrics, les paroles tournent autour des sujets favoris des glamouses : le sexe, la dope, les nanas, et la fête. Une ode à l’épicurisme trash, en somme. Musicalement, l’album fait penser à du Mötley Crüe joué par le Manson des débuts. Lorgnant vers l’indus (”Fix you to death”, “Gothic Party”) ou plus vers le glam (”Womanizer”, “Popular Queen”), le combo, composé de Britney Beach à la lead guitar, Sexy Sadie à la guitare et à la programmation, de Mallory Murder à la basse et de Vinie Valentine au chant, offre un album équilibré, jamais chiant, toujours entraînant, et à l’artwork sublime. Mais en même temps, il est de Valnoir. Que voulez vous, ces gens-là savent s’entourer.
J’vais m’faire un fix, tiens.

Morceaux favoris : “Porn Junkie”, “God Bless You”, “Fix You To Death”, “Popular Queen” et “Womanizer”.
-Jo-

Par Kim&Jo - Publié dans : Chroniques d'albums (vieilleries)
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Samedi 20 septembre 2008

Motörhead. Heaven and Hell. Judas Priest. (Testament).
Un concert dont je n’aurais jamais su rêver. Et pourtant, je l’ai fait. Récit d’une tournée mémorable au pays du Hamburger.
Mais pour accéder au rêve, il faut passer par un certain nombre d’épreuves. Comme réussir à se rendre à Wantagh, ou encore supporter de faire un concert de metal avec des sièges dans la fosse. Oui, des sièges. Et aussi accepter de subir un public amorphe, qui, gavé de gigs comme il doit l’être, ne prends pas la peine de s’émerveiller, et regarde le spectacle debout, immobile, les bras croisés.

Le set de Testament est sur le point de se terminer au moment où je rentre dans l’amphithéâtre abritant les libations musicales du jour. Dommage, car les deux morceaux que j’en ai vu annonçaient un moment agréable : de l’énergie, une bonne communication avec le public, et une prestation honorable.
Mais passons aux choses sérieuses, avec le début de Motörhead, venu promouvoir son album Motörizer (qui n’est pas dans les bacs, et dont aucun titre ne fut joué ce soir là, on comprend vite donc que cette sortie n’est qu’un alibi pour partir en tournée), et montrer qu’après près de trente-cinq ans passés au service de sa majesté le Rock’n’Roll, Lemmy et ses potes demeurent parmi les maîtres.
“We are Motörhead, and we play ROCK’N’ROLL.” Ainsi commence le concert, comme l’exige la tradition. Et question Rock’n’Roll, nous serons servis. Car c’est un live best-of que nous offre Lemmy (”Ace of Spades”, “Killed by Death”, “Brazil”) au grand plaisir de la foule. Et de moi-même, même si un petit extrait de Kiss of Death (”Sucker” ?) n’aurait pas été de refus. Heureusement, l’excellent “In the Name of Tragedy”, pris d’Inferno, représente le matériel récent, et avec brio. Ce morceau sera d’ailleurs le prétexte du solo de batterie de l’immense Mikkey Dee, monstre de puissance et de technique. La prestation du groupe est carrée, professionnelle, et Lemmy égal à lui-même. Seul un mauvais mixage de sa voix fut à déplorer sur le début du concert. Seul point noir (qui sera d’ailleurs le gros problème de la soirée) : le public. J’irai donc les revoir en salle à la rentrée.

Viennent ensuite les maîtres de Heaven and Hell. J’ai toujours préféré le Sabbat Noir avec Ronnie James Dio. L’opportunité de les voir avec celui-ci ne pouvait donc que me réjouir. Et réjouis je fus. Un décor grandiose composé de grilles en fer forgé, de statues de démons aux yeux incandescents et crachant la fumée de l’enfer, un groupe dans une forme éblouissante et en communion avec le public, et une excellente set-list sans temps morts (même si un “Lady Evil” n’aurait pas été de refus). Vinnie Appice bat ses futs avec rage, Geezer Butler concentré sur son impressionnant jeu de basse, Tommi Iommi impérial, sonnant pour deux, armé de ses Gibson SG, et enfin Ronnie James Dio, 66 ans, en voix comme jamais. Le groupe est heureux d’être là et cela se ressent : Dio parle longuement entre les morceaux, joue à la baballe avec les ballons de plage lancés par le public (il ira d’ailleurs en rechercher un auprès du roadie qui s’était précipité pour les retirer de la scène), court, et surtout : chante. Et avec quelle aisance et quelle prestance ! Maîtrisant aussi bien le mysticisme psychédélique de morceaux tels que “I” (venant de leur album “le plus sous-estimé” Dehumanizer) que la fureur nécessaire à des chansons comme “Die Young”. Après la sortie du groupe, on ressent pour ainsi dire un énorme vide.

Judas Priest @ GraspopHeureusement que pour combler celui-ci, en clôture de la soirée, les Metal Gods Judas Priest sont là pour nous rocker. J’étais un peu resté sur ma faim après la prestation du Graspop, riche en émotion, mais pas excellente, une fois le recul (pas de mauvais jeu de mot sur Rob Halford, s’il vous plaît) pris.
Et là, je me suis mangé une baffe. Une grosse. Le groupe a dû être revigoré, rajeuni, par son concert au Hard Rock Café, car il se comporte comme dans un club. KK et Glenn (Downing et Tipton, guitares) distribuant poignées de mains aux chanceux fans du premier rang (qui ont soit dit en passant dû vendre leur grand-mère pour être placés là, vu le prix des places dans cette zone -entre 300 et 400$ !-), tandis que Rob (Halford, voix) chantera une longue partie de “Devil’s Child” le front contre celui d’un heavy metal maniac se trouvant au bon endroit au bon moment.
Pour faire simple : je n’ai pas eu l’impression de voir un groupe légendaire aller au boulot et remplir son contrat comme en Belgique. J’ai vu un groupe de vieux amis se faire plaisir devant 6000 fans exultant de joie. Scott Travis est royal à la batterie, et le Twin Axe Attack splendide aux guitares. Ian Hill, quant à lui, semblera aux prises avec un lutin malicieux, tant il devait lutter pour garder sa basse bien droite (enfin, ce mouvement répété de balancier lui aura fait les abdominaux, au moins). Rob Halford… Rob Halford livrera une prestation “halfordienne”. Il semble comme d’habitude dans un quelconque trip au LSD, avançant sur scène, le regard dans le vide, ou, plus souvent, sur le prompteur (qu’il ne quittera pas des yeux de tout “Prophecy”).
Une set-list (presque) sans surprise (j’ai noté un morceau de Nostradamus non identifié en remplacement de “Death”), toujours jouissive (”Rock Hard Ride Free” étant sûrement un de mes meilleurs moments de concert), et un gros sentiment de tristesse une fois que tout s’est fini.
Maintenant que c’est fait, que faire ?
Attendre le prochain.

-Jo-

Setlists :

Motorhead:
Dr. Rock
Stay Clean
Be My Baby
The Killers
Metropolis
Over The Top
In The Name Of Tragedy/Drum Solo
Going To Brazil
Killed By Death
Ace Of Spades
Overkill
Heaven And Hell:
E5150
The Mob Rules
Children Of The Sea
I
The Sign Of The Southern Cross
Time Machine
Falling Off The Edge Of The World
Die Young
Heaven And Hell

Judas Priest:
Dawn Of Creation
Prophecy
Metal Gods
Eat Me Alive
Between The Hammer And The Anvil
Devil’s Child
Breaking The Law
Hell Patrol
Dissident Aggressor
Angel
The Hellion/Electric Eye
Rock Hard, Ride Free
Painkiller
——————
Hell Bent For Leather
The Green Manalishi
You’ve Got Another Thing Coming
Source : http://www.metalsetlists.com/

Par Kim&Jo - Publié dans : Compte-rendus de concerts
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